La cicatrisation après une césarienne peut prendre du temps. Ne plus avoir mal, ne plus être gênée par l’inconfort et la douleur est indispensable pour se sentir enfin libre de ses mouvements.

La cicatrice, souvent douloureuse, qui empêche de se mouvoir avec facilité nous rappelle que la peau est un organe complexe, souple et extensible. Son pouvoir de guérison est immense et certaines méthodes ont le pouvoir de faciliter sa cicatrisation.

L’aspect esthétique prend aussi une part importante afin de se sentir de nouveau « soi ». La marque laissée par la cicatrice peut, pour certaines mamans, avoir un impact plus important que la douleur.

Nous allons voir dans cet article quelles sont les méthodes efficaces pour accélérer la cicatrisation, diminuer les douleurs et limiter l’installation de la cicatrice. L’objectif étant de retrouver une vie normale le plus rapidement possible afin de sentir bien dans sa peau, belle et disponible pour son entourage.

Avant toute chose, pourquoi devez-vous agir rapidement ?

Parce qu’une cicatrice évolue avant de se fixer définitivement.

Lors de la césarienne (comme pour toute cicatrice), plusieurs couches de peau ont été lésées. La peau d’origine est remplacée par un tissu de remplacement de moins bonne qualité. D’abord la cicatrice est rouge car les vaisseaux sanguins apparaissent au travers. L’activité cellulaire est intense pour réparer la zone blessée. Plusieurs semaines après, elle devient blanche. Le tissu de remplacement est devenu dur et sans élasticité afin de refermer solidement la plaie.

La cicatrice de césarienne va évoluer pendant un an avant de se fixer définitivement.

Si des fibres nerveuses se mêlent à la cicatrice, elle devient gênante car elle empêche de bouger librement. Parfois même, elle démange, causant une gêne supplémentaire.

Que faire et à quel stade ?

Après un accouchement par césarienne, la cicatrice a besoin d’être réparée et stimulée pour mieux cicatriser. La cicatrisation se passe en trois étapes pendant lesquelles vous devez agir différemment :

  1. la cicatrice ouverte avec agrafes ou fils

  2. la cicatrice en voie de guérison

  3. la cicatrice résorbée

Lors de la première étape, il est indispensable de suivre les recommandations d’hygiène et de soin des soignants. Pas de fantaisies ni de recette miracle obtenue d’une grande tante ! La peau doit d’abord se réorganiser.

Avant toute chose, prenez le temps de marcher doucement dès que vous le pourrez. Ensuite, au bout de quelques jours, vous pouvez commencer à pratiquer des respirations douces pour faciliter un meilleur drainage des tissus et améliorer les capacités de cicatrisation.

Tant que la cicatrice est ouverte, il y a encore des risques d’inflammation. Soyez prudente et laissez-vous quelques jours avant de passer à l’action.

Après quelques semaines, la cicatrice commence à se résorber, c’est la deuxième étape. Les agrafes ou les fils ont été retirés depuis plusieurs jours, vous pouvez mieux vous rendre compte de l’état de votre peau.

A ce stade, vous pouvez commencer à agir en intensifiant les séances de respiration et en massant doucement votre ventre avec des effleurages légers.

Afin de soulager vos douleurs, pensez à l’homéopathie qui est compatible avec l’allaitement : l’arnica et le calendula sont souvent prescrits aux jeunes mamans après un accouchement. Beaucoup de maternité proposent aussi des séances d’acupuncture pour soulager la douleur et faciliter la cicatrisation.

Je vous conseille cependant de ne rien appliquer sur votre peau tant que les tissus ne sont pas refermés (sauf avis médical contraire bien sûr).

La bonne nouvelle c’est que l’alimentation peut jouer un rôle important pour vous. Je vous explique comment plus loin dans cet article.

Lorsque la cicatrice est résorbée, nous passons à l’étape 3. Il se peut que vous ayez toujours des douleurs, des sensations de tiraillement qui freinent vos mouvements au quotidien. Votre peau est certainement toujours rouge, sensible et un peu enflée mais maintenant vous pouvez agir sans contraintes. Massages, cosmétiques naturels, une alimentation ciblée, une respiration adaptée, tout est possible.

En combinant toutes ces méthodes, vous avez plus de chance de récupérer facilement.

Quel type de respiration pratiquer sans risque pour ma cicatrice ?

Le docteur Bernadette de Gasquet propose un exercice qui s’appelle « La fausse inspiration thoracique ». Cet exercice permet aux femmes ayant eu une césarienne ou une opération du ventre d’obtenir un drainage des tissus en améliorant la vascularisation. La cicatrice bien mobilisée et bien vascularisée cicatrise sans durcir ni adhérer aux plans profonds.

En pratique il faut s’allonger sur le dos, bien étiré. On expire profondément en faisant sortir tout l’air contenu dans la cage thoracique. Puis on se pince le nez en prenant une inspiration (fausse donc) sans faire entrer l’air. Le ventre est creux et le diaphragme est tiré vers le haut. Le dos doit toujours rester bien droit. J’explique cette respiration dans une de mes vidéos à l’étape 1 du massage ICI. On peut recommencer cette respiration trois ou quatre fois de suite.

Cet exercice peut être pratiqué environ 3 jours après l’accouchement et crée un véritable massage interne permettant de « décoller » les adhérences. Il permet aussi de stimuler le transit, mieux faire circuler le sang, mobiliser le périnée, de remonter les organes et de drainer les hémorroïdes. Evitez cependant de le faire après un repas.

C’est un exercice de choix après un accouchement pour aider le corps à retrouver sa forme. Il peut paraitre un peu technique au premier abord mais après quelques séances de respirations, la maitrise devient simple.

Comment le massage peut-il aider à la cicatrisation ?

Nous avons vu plus haut que la respiration avait pour but (entre autres) de décoller les adhérences.

Les adhérences sont des portions de tissu « en formation » qui s’accrochent aux tissus les plus proches, créant une tension persistante.

En massant la peau à partir de 4 semaines, on « décolle » ces adhérences.

Après une césarienne, on a souvent du mal à se redresser, à se tenir debout. La peau qui se reforme peut mal se positionner dans le corps et entrainer des tiraillements intenses. Plus la cicatrisation est longue, plus les adhérences risquent d’être fortes. D’où l’intérêt de stimuler les tissus en les massant.

Comment faire ?

Au début, on saisit simplement la cicatrice en prenant entre les mains une quantité généreuse de peau (pouces sur la ligne du nombril et doigts sur la ligne du pubis) et on relâche doucement. Puis on se déplace à l’horizontal sans aller en profondeur. Il s’agit simplement d’éviter le début de certaines adhérences.

Par la suite, lorsque la cicatrice est totalement refermée, on peut « pétrir » la peau en faisant rouler la cicatrice entre les doigts. Placez une main à chaque extrémité de la cicatrice et déplacez-vous vers le centre.

En répétant cette simple manœuvre plusieurs fois par jour pendant plusieurs mois, vous augmenterez la capacité de cicatrisation de la peau. Elle sera également mieux oxygénée pour limiter les marques de cicatrice dans le temps.

Le miel, un cicatrisant ancestral et naturel

Le miel est le produit naturel qui décroche la palme en matière de vertus antiseptiques et cicatrisantes. Son intérêt est qu’il produit d’infimes quantités de peroxyde d’hydrogène (antiseptique appelé eau oxygénée) suffisantes pour détruire les germes sans abimer la peau. Il doit impérativement être choisi biologique et d’une récolte récente et soigneuse. Les variétés de miel les plus remarquables en terme de résultat sont le miel de thym et le miel de Manuka.

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L’application de miel et particulièrement de miel de Manuka éliminerait 85% des bactéries en une heure.

Il a donc un réel intérêt pendant la phase de cicatrisation, lorsque la plaie est encore ouverte. De nombreux hôpitaux l’utilise dans ce but en alternative ou en remplacement des traitements antibiotiques conventionnels pour les pansements post-opératoire, surtout avec les enfants.

Pour cela, appliquez une couche épaisse de miel  directement sur la plaie et posez un pansement type cataplasme. Renouvelez l’application à chaque changement de pansement. (Demandez toujours l’avis à votre médecin avant d’appliquer quoi que ce soit sur une cicatrice ouverte !)

Quels sont les soins qui fonctionnent vraiment ?

Le silicone végétal : un pansement naturel

Pour améliorer le processus de cicatrisation, on peut appliquer pendant quelques semaines du silicone végétal. Les dermatologues prescrivent souvent du gel de silicone mais il est possible de trouver cet extrait d’algue sur internet.

Attention, le silicone végétal n’a rien à voir avec le silicone qui est utilisé pour conditionner les cheveux ou lisser la peau. Il s’agit d’un extrait de chondrus crispus, une algue rouge riche en carraghénate notamment qui sert d’épaississant au gel d’aloe vera ou à certains aliments et en minéraux tels que le magnésium, le calcium, le zinc et le manganèse.

Le silicone végétal agit comme un pansement naturel en assurant les échanges entre l’intérieur et l’extérieur de la peau. Ainsi cette fine enveloppe laisse respirer la peau tout en la protégeant pendant qu’elle se « reconstruit ».

Huile végétale de rose musquée : l’huile aux vertus réparatrices

C’est une huile obtenue en pressant les graines du fruit du rosier muscat. Sa richesse en oméga-3 et oméga-6 permet d’agir sur la régénération cellulaire et la souplesse de la peau. Elle contient également du rétinol, reconnu pour ses propriétés cicatrisantes.

Habituellement conseillée aux peaux matures pour son pouvoir régénérant, l’huile végétale de rose musquée s’emploie ici dans le but de faciliter la cicatrisation et d’assouplir les tissus.

Le gel d’aloe vera : un produit d’exception

Le gel d’aloe vera est sans doute le soin le plus complet pour la peau. Inodore et incolore, il renferme une multitude d’actifs hautement bénéfiques. Hydratation, réparation, protecteur, apaisement, tous les besoins sont comblés grâce à ce gel riche en vitamines, minéraux, enzymes, glycoprotéines et acides aminés, et bien d’autres.

Très facile d’utilisation, il fond sur la peau en un instant. Utilisé sous une huile ou une crème, le gel d’aloe vera décuple les effets des autres soins cosmétiques. Appliqué quotidiennement, il apaisera les douleurs liées à la cicatrisation et participera à l’hydratation, la souplesse et la régénération des tissus abimés.

Comment combiner ces soins naturels ?

Si vous disposez de ces 3 ingrédients naturels ou que vous souhaitez vous les procurer, vérifiez bien qu’il s’agit des  ingrédients purs. La différence est qu’un ingrédient pur est actif à 100%, tandis qu’un actif cité dans une formule représente le plus souvent 5 % maximum sa composition totale. Vous vous doutez bien qu’au bout de plusieurs mois d’utilisation, les résultats ne sont pas les mêmes !

Je ne cite pas volontairement d’huiles essentielles car même si vous n’allaitez pas, leur utilisation à proximité d’un nourrisson qui est souvent au contact de votre peau peuvent avoir des conséquences néfastes.

Pour les combiner, commencez par appliquer le gel d’aloe vera sur la cicatrice puis massez-la avec l’huile de rose musquée. Une fois que l’huile à totalement pénétré, appliquez le silicone végétal jusqu’à la prochaine séance de massage.

Rappelez-vous que l’application de cosmétiques se fait uniquement lorsque la cicatrice est totalement résorbée ! Vous pouvez toutefois appliquer ces soins à distance de la cicatrice pour améliorer la qualité de la peau du ventre et des hanches.

L’alimentation qui facilite la cicatrisation

La bonne nouvelle c’est que le choix de vos menus peut jouer un rôle dans la cicatrisation de la peau. Une alimentation saine et équilibrée, c’est-à-dire fournissant les 3 groupes énergétiques : protéines, glucides et lipides est essentielle.

L’apport en protéines assure un rythme de cicatrisation normal en fournissant les nouvelles cellules qui vont former la cicatrice. Les glucides quant à eux apportent la source d’énergie suffisante pour éviter au corps d’utiliser les protéines comme support énergétique. Tandis que les lipides garantissent la souplesse des nouveaux tissus.

Quelles vitamines privilégier et où les trouver ?

Le manque de vitamines et de minéraux ralentit la cicatrisation, veillez donc à avoir une alimentation la plus variée possible dès la fin de la grossesse.

Césarienne et allaitement

Une cicatrisation parfois douloureuse empêche les mamans d’allaiter correctement leur bébé si elles le souhaitent. Pour un meilleur confort, on peut privilégier certaines positions :

Votre sage-femme pourra vous expliquer comment bien allaiter votre bébé dans ces deux positions.

Comment diminuer l’aspect inesthétique de la cicatrice ?

La première chose à faire est d’éviter l’exposition au soleil pendant 1 an. La peau étant sensibilisée, vous risqueriez de voir apparaitre une coloration brune persistante (voir article sur les taches pigmentaires).

Ne pas s’exposer au soleil pendant 1 an pour éviter que la cicatrice brunisse !

La deuxième chose c’est que tout se joue pendant cette première année. Massages, respirations, alimentations. Au-delà, la cicatrice referme tellement solidement la peau qu’aucune méthode naturelle ne pourra vraiment la modifier.

La meilleure chose à faire est d’améliorer la qualité de la peau qui se trouve tout autour de la cicatrice. En étant plus lisse et plus homogène, la zone paraitra plus harmonieuse. Continuez à appliquer l’huile végétale de rose musquée quotidiennement et faites des gommages une fois par semaine. Cela aura pour objectif de stimuler la peau et d’améliorer son renouvellement.

Si votre cicatrice est très visible après un an ou qu’elle forme un bourrelet au bout de quelques mois, n’hésitez pas à consulter un spécialiste.

Dans tous les cas la patience est de mise, 9 mois pour voir naître, 9 mois pour se remettre !