L’hiver est une saison rude pour notre peau. Elle devient plus sèche, rougit, tire et gerce parfois. Les soins de l’automne ne suffisent plus pour combler l’inconfort et la déshydratation. Alors que faut-il savoir sur le fonctionnement de la peau en hiver ? Pourquoi son aspect change lorsque les températures baissent ? Comment la protéger et quels soins appliquer ? Voyons comment éviter les désagréments de la sécheresse hivernale.

Comment fonctionne la peau en hiver ?

A l’image de la nature, la peau en hiver n’est plus protégée comme le reste de l’année. Tandis que les plantes retiennent leur sève dans les racines plutôt qu’aux extrémités pour assurer leur survie, le corps trouve plus urgent d’irriguer les organes vitaux que la peau. Le sang est dirigé vers l’intérieur pour garder une chaleur constante et assurer le bon fonctionnement de notre métabolisme.

Pendant cette période, la peau est alors moins bien oxygénée, ce qu’elle est tout à fait capable de supporter un temps. Par contre si les températures continuent à baisser, les extrémités (nez, oreilles, doigts et orteils) voient rouge !

Vous souvenez-vous de Mike Horn qui a retrouvé ses doigts congelés lors d’une expédition en Russie. Il avait perdu un gant par -70°C et a dû amputer un de ses doigts car sa peau n’avait plus de chance de se réparer !

Un cas extrême certes, mais qui montre bien que la survie est assurée en priorité par un afflux sanguin vers les organes internes.

Sans aller jusque là, notre peau est tout à fait capable de fonctionner normalement au-dessus de 4°C. C’est en dessous de 4°C que l’irrigation est fortement ralentie. La peau n’a plus assez d’oxygène, d’eau et de nutriments pour « vivre » normalement. Les engelures apparaissent à ce moment-là.

Il suffit de se promener sans gants quelques heures à moins de 4°C pour voir apparaître des petites saillies et gerçures sur les mains. La peau craque.

Alors pourquoi la peau s’assèche-t-elle davantage en hiver ?

En réalité on parle de sécheresse hivernale lorsque la peau est agressée par certains facteurs comme le chauffage à l’intérieur et le froid à l’extérieur. Cette alternance de chaud et froid entraîne une plus grande perte d’eau car les barrières cutanées se trouvent affaiblies. L’eau et le gras sont deux éléments opposés mais complémentaires et tous deux indispensables dans la peau. Ils forment ensemble un film en surface qui s’oppose à l’entrée des éléments inconnus et protège de la perte en eau.

L’eau contenue dans la peau s’échappe et son film protecteur est trop altéré pour pouvoir la retenir. L’aridité du désert en hiver illustre parfaitement ce phénomène.

La détérioration des barrières cutanées est aussi accélérée par l’usage intensif de produits détergents, l’emploi de soins desséchants et une gestuelle inadaptée.

Crèmes contre le froid, VRAI/FAUX

VRAI, une crème appliquée le soir au coucher peut aider la peau à se réparer dans la mesure où la formule contient plus de gras que d’eau.

FAUX, une crème appliquée avant de sortir n’est pas bénéfique dans la mesure où la formule contient plus d’eau que de gras. Une grande quantité d’eau dans un soin expose à des gelures lorsque la peau est exposée à des températures froides ou négatives.

L’idéal étant d’appliquer une crème à la texture « pommade » ou « baume », y compris sur le corps.

Pourquoi les lèvres gercent-elles plus vite en hiver ?

La muqueuse des lèvres est la seule partie du visage qui ne fabrique pas de sébum. A cet endroit, la peau est dépourvue de glandes qui fabriquent le « gras » indispensable à la souplesse et à la protection de notre peau. Sur le reste du visage et du corps ce fameux sébum s’écoule naturellement en surface pour lubrifier et éviter le dessèchement. En temps normal, les lèvres gardent une certaine souplesse en profitant du sébum créé par les glandes alentours. Mais l’hiver on a une fâcheuse tendance à passer sa langue en pensant soulager la sensation de tiraillement. Ce qui se produit est tout le contraire ! On retire le peu de sébum qui vient lubrifier la zone et on dépose encore plus d’eau en augmentant le risque de gerçures !

Pour éviter d’assécher les lèvres, il suffit d’appliquer un soin à la texture « beurre » tel que le beurre de karité dès que l’on s’expose au froid. Il existe aussi des cires qui isolent la peau comme la cire d’abeille ou de candelila. Très utilisées dans la composition des rouges à lèvres, elles créent un film protecteur supplémentaire.

Pour réparer la peau en fin de journée et retirer les peaux mortes, on peut gommer délicatement les lèvres avec un mélange de sucre et d’huile puis rincer et dormir avec une couche épaisse de soin à la texture « baume » ou « beurre ».

Pourquoi est-il plus difficile de se maquiller en hiver ?

Lorsque la peau est plus sèche en hiver, deux phénomènes naturels gênent la tenue et la bonne application du maquillage :

  1. Les peaux mortes, ces cellules qui se trouvent à la surface de la peau s’agglomèrent en petits paquets et empêchent le maquillage de s’étaler uniformément.

  2. Le sébum qui se comporte comme du beurre à tendance à durcir au contact du froid et forme des plaques. C’est pourquoi le fond de teint appliqué le matin à température ambiante se mélange au sébum et se trouve emprisonné au cours de la journée lorsqu’on est exposé au froid.

Pour les cellules mortes, il est facile d’éviter leur accumulation en faisant un gommage une ou deux fois par semaine (voir l’article sur le gommage au sucre et à l’huile d’amande douce).

Concernant le sébum, l’astuce est d’appliquer une huile végétale qui ne durcit pas à température ambiante avant de se maquiller. Ceci aura pour effet de limiter l’effet plaque de fond de teint en cours de journée. Ces huiles sont celles dont la plante vient plutôt d’un pays tempéré ou froid qui supporte bien les températures froides. Les huiles de rosier muscat, d’onagre, d’argousier, de bourrache ou de chanvre sont de bons choix pour l’hiver.

Quelle alimentation aide la peau à rester souple en hiver ?

Tout comme la texture et la composition des soins évoluent en hiver, l’alimentation change pour s’adapter à l’équilibre de l’organisme. Comme je dis souvent la nature est bien faite ! On a rarement envie de manger une salade fraîche en hiver et une soupe bien chaude en été. C’est pour cela que l’on se tourne vers des plats plus consistants lorsqu’il fait froid, car le froid fait consommer davantage d’énergie au corps, il a donc besoin de compenser. Les plats et boissons chaudes brûlent moins d’énergie en hiver car l’estomac n’a pas besoin de réchauffer les aliments avant de les envoyer vers le tube digestif.

Les aliments à privilégier pour avoir une belle peau en hiver sont évidemment les aliments de saison. Pas de tomate en plein mois de décembre !

Afin d’aider la peau à renforcer ses barrières de protection, il est important de boire pour compenser la perte en eau de la peau. L’eau et les tisanes à boire tout au long de la journée apportent une hydratation continue.

Variez les lipides, huile de colza, de noix, d’olive, de noisette et croquez chaque jour une poignée d’oléagineux (amandes, noix, noisettes…).

C’est aussi le bon moment pour manger du poisson riche en acides gras essentiels. Les poissons à consommer en hiver sont le cabillaud, le bar de ligne, la daurade, le lieu jaune ou la truite.

Par ailleurs, une carence en zinc peut favoriser l’assèchement de la peau. On en trouve en quantité importante dans les huîtres puis dans le foie de veau et le germe de blé.

La peau est un organisme vivant qui change en fonction des saisons

En s’adaptant aux modifications de rythme de la peau, on réussit à retrouver un équilibre. La combinaison des soins nourrissants et protecteurs à une alimentation à haut intérêt nutritionnel permet à la peau de passer le cap de l’hiver en douceur.